L’ère de Trump est terminée, place à l’ère du citoyen numérique

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En 1997, le magazine Wired mettait de l’avant une nouvelle catégorie psychographique des États-Unis. Peu de gens se doutaient que 20 ans plus tard, nous serions toujours en train de débattre des mêmes enjeux. Jon Katz écrivait en janvier 1997 que les citoyens numériques prenaient leur place sur l’échiquier sociologique. Ce groupe de gens n’ayant pas peur du changement, embrassant la venue de la technologie et percevant celle-ci comme un outil vers un monde meilleur semblait vivre une utopie. L’article allait même jusqu’à dire que ce groupe de technophiles avait une meilleure éducation, lisait plus de livres que la moyenne des Américains et démontrait une grande ouverture sociale. Plus grande que les générations passées.

Cet article publié en 1997 marqua les annales : ce fut la première fois où l’on discuta aborda le thème de citoyen numérique sur la place publique. Souvent réservée à une élite scientifico-psycho démographique, la terminologie venait d’être définie pour les lecteurs de Wired. Avant-gardiste, cet article démontre bien sur quelle base la philosophie du « digital citenzenship » a été créée.

Qu’est-ce que la citoyenneté numérique?

Mike Ribble, un éducateur américain, en collaboration avec son mentor, le Dr Gerald Bailey, a écrit sur le sujet et défini la citoyenneté numérique comme une compréhension des « problèmes humains, culturels et sociétaux liés à la technologie, aux pratiques juridiques et aux comportements éthiques ». Selon lui, « les bons citoyens numériques préconisent et pratiquent une utilisation sûre, légale et responsable de l’information et de la technologie. Ils ont une attitude positive à l’égard de l’utilisation de la technologie qui soutient la collaboration, l’apprentissage et la productivité. De plus, ils font preuve de responsabilité personnelle et cherchent à apprendre tout au long de leur vie.»

Misant sur la pédagogie, les travaux de Ribble encouragent un apprentissage constant des outils numériques et une compréhension des dangers relatifs à leur utilisation.

Citoyen numérique versus citoyenneté numérique

Les définitions de citoyen et de citoyenneté numérique, bien qu’elles s’entrecoupent, offrent un panorama sémantique intéressant.

Le citoyen numérique est défini comme étant une personne qui utilise les outils numériques à sa disposition pour prendre part à la société, s’engager humainement ou politiquement. Pour sa part, Karen Mossberger, professeure en Urban Policy à Arizona State University et directrice de la School of Public Affairs, vient simplifier le tout en parlant des citoyens numériques comme « ceux qui utilisent Internet régulièrement et efficacement ».

La citoyenneté numérique, quant à elle, est définie comme l’utilisation appropriée et responsable de la technologie par les utilisateurs. Ancrée sur trois piliers, la citoyenneté numérique se base sur de bonnes pratiques et sur une éducation rapide et collaborative. Basée sur le respect, l’éducation et la protection des internautes, la citoyenneté numérique prend tout son sens lorsqu’elle est enseignée dès le plus jeune âge.

La citoyenneté numérique au Québec

Autour de 2015, le discours du Québec, spécialement en éducation, s’est ouvert au concept de citoyenneté numérique. Avec la mise en place de programmes éducatifs, de portails Web réunissant les bonnes pratiques et de capsules dirigées vers les enseignants, les parents et les élèves, le Québec désirait faire bonne figure dans ce domaine.

Force est d’admettre qu’en raison de la stagnation des efforts et la maladresse avec laquelle les outils ont été créés nous sommes passés à côté de la cible. Le Québec, souvent en retard au point de vue de l’utilisation des technologies par ses habitants, voyait un désintéressement s’installer parmi les internautes. Nos propres dirigeants n’étaient pas bien éduqués sur l’utilisation éthique et responsable des outils de communication à leur portée, ils n’ont jamais pu jouer leur rôle d’ambassadeurs auprès de la population.

Même si le Québec est encore un pauvre représentant de la citoyenneté numérique dans le monde, CADRE21 représente un bel exemple de leadership dans ce domaine.

Un constat d’échec numérique pour le Québec ?

Rappelons que la citoyenneté numérique doit avant tout reposer sur l’accessibilité de la technologie. La récente pandémie nous a permis de constater que, non seulement l’accessibilité n’était pas acquise, mais que le territoire géographique québécois était un frein à l’innovation. Il a fallu un front commun de Québec et d’Ottawa pour inciter les entreprises de télécommunications à se mouiller et à offrir pour les prochaines années un service Internet décent. Le plan fédéral actuel propose de brancher toutes les régions d’ici 2030.

Rappelons aussi que le Québec accuse un retard sur l’utilisation commerciale d’Internet. Les voisins de l’Ouest et ceux du Sud ont déjà pris l’habitude de consommer en ligne. La consommation en ligne dans ces régions a forcé la main aux entreprises de créer des plateformes concurrentielles et de rendre disponibles des produits en ligne. Au Québec, pendant ce temps, on nous livre un « Panier bleu » sans panier dans lequel il est impossible d’acheter et qui, finalement, se trouve à être un émule des Pages Jaunes pour les sites Internet de certaines des entreprises québécoises.

La citoyenneté numérique débute par l’éducation des citoyens. Mais qu’est-ce qu’on fait quand les têtes dirigeantes ne sont elles-mêmes pas éduquées et informées sur la cause ? Que faire quand le dirigeant semble avoir des angles morts technologiques ?

Un Québec numérique doit passer par une refonte complète de la structure et des processus. Un travail a déjà été amorcé, mais c’est bien peu pour rattraper le retard sur les autres nations, voire sur les autres provinces. On veut augmenter le télétravail, mais on se rend compte que les organismes, les lois et les impôts ne sont pas accommodants. On veut une province avec des citoyens numériques de première classe, mais on démonise les classes virtuelles et en ne soulevant que les problématiques, sans chercher à innover. Le Québec est mûr pour un projet de société innovant. Pourquoi ne pas faire de la citoyenneté numérique une priorité?

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